Paiement des droits ou Demande de sursis de paiement ?
Le sursis de paiement est un allié du contribuable sous conditions...
Le sursis de paiement (art. L.277 LPF) est un mécanisme qui n'est pas toujours bien connu des praticiens, dont les règles peuvent susciter des difficultés en pratique, le contexte de durcissement actuel du contrôle fiscal n'y étant pas étranger…
➡️ Comment en bénéficier ?
Le contribuable qui conteste une imposition, dans son principe ou son montant, peut obtenir le sursis de paiement de la partie contestée (droits et/ou pénalités), à condition de :
• le demander expressément dans sa réclamation
• préciser le montant du dégrèvement sollicité
📌 EFFET : l'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à la décision définitive de l’administration fiscale ou du juge ou jusqu'à l'expiration du délai pour le saisir.
💡 Le sursis de paiement bénéficie aux codébiteurs solidaires, même lorsqu'ils ne l'ont pas demandé.
➡️ Des garanties peuvent-elles être exigées?
✅ OUI : Droits contestés supérieurs à 4 500 €, l’administration fiscale peut exiger des garanties (caution bancaire, hypothèque, nantissement…).
L'absence de réponse du comptable dans un délai de 45 jours vaut acceptation des garanties proposées (art. R*277-1 LPF).
💡 Le défaut/l'insuffisance des garanties n'entraîne jamais la perte du bénéfice du sursis mais il expose le contribuable à des mesures conservatoires.
💡 Et lorsque le sursis de paiement porte sur des pénalités?
Pour les majorations, amendes et intérêts de retard, le sursis s'applique SANS garantie.
📌 ATTENTION :
• Le rejet de la réclamation, même tacite, ne met PAS fin au sursis si le contribuable saisit le juge dans les délais.
• Le sursis prend fin avec le jugement si le tribunal ne prononce pas la décharge, l'imposition (principal et pénalités) redevient exigible.
L'appel n'a aucun effet suspensif automatique.
💰 Le sursis peut avoir un coût en cas d'échec :
👉 Des intérêts de recouvrement supplémentaires dus sur le principal au taux de 0,2 %/mois (délai entre l’avis de mise en recouvrement et le paiement définitif)
👉 Des pénalités pour paiement tardif peuvent également être dues (5 % ou 10 % selon l'impôt)
MAIS, aucun intérêt supplémentaire n'est appliqué sur les pénalités.
🤔 Réflexe pratique qui évite des difficultés⁉️
La réclamation assortie d'une demande de sursis est adressée au service à l'origine du contrôle MAIS le service comptable chargé du recouvrement n'est pas automatiquement informé.
DONC, mieux vaut lui adresser directement une copie de la réclamation avec demande de sursis de paiement pour éviter des actes de poursuite qu'il faudra ensuite contester (exemple : demande de mainlevée de saisie administrative à tiers détenteur).
⏱️ Ne pas attendre pour demander le sursis dans le contexte de durcissement actuel.
Il est préférable de le solliciter dès réception de l’avis de mise en recouvrement. Plus la demande est rapide, plus le risque de poursuites est limité.
En conclusion, le sursis de paiement est un précieux outil de sécurisation du contribuable en difficultés financières pendant le contentieux fiscal, à condition d'en maîtriser les modalités, les effets, et le bon timing.
Retour aux actualités